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Répondez de tête, puis ouvrez. Open weight et modèles fermés
1Un modèle open weight est-il open source ?
Pas forcément. L'Open Source Initiative exige aussi des informations détaillées sur les données d'entraînement et le code complet ; un modèle open weight peut ne publier que ses paramètres.
2Vos contrats interdisent que les dossiers clients sortent de l'entreprise. Quelle option regarder d'abord ?
Un modèle open weight sur un serveur de l'entreprise, ou chez un hébergeur sous contrat si les contrats le permettent ; licence lue, et qualité essayée sur vos propres cas.
- Où vont vos données dépend de la façon de s'en servir : l'application de DeepSeek les garde en Chine ; le même modèle chez Scaleway, à Paris, ou sur vos serveurs, n'envoie rien à DeepSeek.
- Les applications de DeepSeek et de Kimi stockent vos échanges en Chine. La loi chinoise sur le renseignement oblige toute organisation à coopérer avec les services de l'État ; l'Italie a limité DeepSeek, la République tchèque l'a interdit dans son administration.
- Les modèles sont capables et peu chers : pour l'agence américaine CAISI, DeepSeek V4 Pro, le plus capable des modèles chinois qu'elle a testés, a environ huit mois de retard sur les meilleurs modèles américains.
- Le comportement suit le modèle partout, même chez vous : censure sur les sujets politiques chinois, détournements plus faciles, et du code plus souvent vulnérable quand la demande touche un sujet sensible pour le pouvoir chinois.
- Aucun éditeur chinois n'a signé le code de bonnes pratiques européen des modèles d'usage général, au 8 octobre 2026.
Lieu des données
Avant de regarder : le même modèle DeepSeek, utilisé chez un hébergeur à Paris, envoie-t-il vos données en Chine ?
Le lieu de vos données, selon la façon de se servir du modèle
En Europe, ou chez vousHors d'Europe, ou sous conditionsNon publié, ou non trouvé
Ce qu'on en retient. La colonne compte plus que la ligne. Les applications des éditeurs gardent vos échanges hors d'Europe, en Chine pour DeepSeek et Kimi. Leurs API se règlent parfois en Europe, chez Alibaba et ByteDance. Chez un hébergeur en Europe ou sur vos serveurs, rien ne part chez l'éditeur chinois ; Amazon dit aussi ne pas transmettre vos demandes au fabricant du modèle, et ne rien garder par défaut.
Options
- L'application de l'éditeur : un compte, rien à installer ; vos échanges sont chez l'éditeur, sous ses conditions. Chez DeepSeek, les entités du groupe s'en servent aussi pour entraîner les modèles, sauf si vous le refusez ; la CNIL explique comment.
- L'API de l'éditeur : vos programmes appellent les serveurs de l'éditeur. Chez DeepSeek, le contrat relève du droit chinois et des tribunaux de Hangzhou ; Alibaba ouvre une région à Francfort, où le calcul reste en Europe si l'on choisit le périmètre UE.
- Un hébergeur : Scaleway et OVHcloud en France, Mistral AI, Amazon Bedrock, Microsoft Foundry proposent des modèles chinois open weight, à leurs conditions et à leurs prix. Mistral fait tourner GLM sur la même infrastructure que ses propres modèles. Un hébergeur américain reste soumis au droit américain : voir l'IA européenne.
- Vos serveurs : le modèle open weight téléchargé et installé chez vous, ou sur un serveur loué. Il faut des machines à la mesure du modèle, et lire sa licence : MIT ou Apache 2.0 pour certains, une licence propre à l'éditeur pour d'autres. Le détail : open weight et modèles fermés.
Sélection par besoin
| Votre situation | La façon à retenir | Pourquoi |
|---|---|---|
| Des données de travail, quelles qu'elles soient | Jamais l'application de DeepSeek ni celle de Kimi | Vos échanges sont stockés en Chine, sous droit chinois ; chez DeepSeek, ils servent à l'entraînement sauf refus |
| Un gros volume de tâches simples, au meilleur prix, en Europe | Un modèle open weight chez un hébergeur en France : Scaleway, OVHcloud, Mistral | Rien ne part chez l'éditeur chinois ; essayez-le sur vos cas, face à d'autres modèles : l'atelier de comparaison |
| Des données qui ne doivent pas sortir de l'entreprise | Sur vos serveurs, un modèle sous licence MIT ou Apache 2.0 | L'agence tchèque exclut de son alerte les modèles installés sans lien avec les serveurs de DeepSeek ; l'autorité luxembourgeoise conseille au contraire de ne pas l'installer : décidez en le sachant |
| Un agent qui agit seul, ou l'écriture de code | Plutôt un autre modèle | Selon la CAISI, des agents bâtis sur DeepSeek R1-0528 suivent douze fois plus souvent des instructions malveillantes ; CrowdStrike mesure plus de code vulnérable sur des sujets sensibles |
| Des questions sur la Chine, sa politique, son histoire | Un autre modèle | Plus de refus, des réponses plus courtes et moins justes, selon une étude à comité de lecture |
| Une administration, un opérateur régulé, un sous-traitant de l'État | Les consignes de votre autorité, d'abord | La République tchèque, la Belgique et les Pays-Bas ont interdit DeepSeek sur les appareils de leurs administrations |
Comparatif
Ce qu'ont décidé les autorités européennes, ce que mesurent les évaluations publiées, et ce que disent les textes. Le contexte du marché : les acteurs de l'IA.
Les décisions européennes sur DeepSeek, en 2025
- 30 janvier 2025 · ItalieLe Garante limite sur-le-champ le traitement des données des utilisateurs italiens par DeepSeek, et ouvre une enquête ; il relève le stockage en Chine comme un manquement à la sécurité des données
- 3 février 2025 · LuxembourgLa CNPD conseille de ne pas installer le modèle de DeepSeek, ni ses fichiers de configuration
- 7 février 2025 · PologneL'UODO recommande une « extrême prudence » : données en Chine, sans décision d'adéquation
- 12 février 2025 · Union européenneLe CEPD crée un groupe de travail sur l'IA ; la CNIL indique que les enquêtes sur DeepSeek y sont rassemblées
- 27 juin 2025 · AllemagneL'autorité de Berlin signale l'application à Apple et Google comme contenu illicite, pour des transferts illégaux vers la Chine
- 9 juillet 2025 · République tchèqueAlerte de niveau élevé de l'agence de cybersécurité, hors modèles installés localement ; interdiction dans l'administration
- 3 septembre 2025 · République tchèqueL'alerte s'étend à tout transfert de données vers la Chine
- 1er décembre 2025 · BelgiqueDeepSeek retiré des appareils de l'administration fédérale ; les Pays-Bas l'avaient interdit en février, selon Euractiv
- 16 décembre 2025 · ItalieL'autorité de la concurrence rend obligatoires les engagements de DeepSeek sur l'avertissement des erreurs du modèle, et clôt l'affaire sans infraction
Méthode
- Le lieu des données : les politiques de confidentialité et les conditions des éditeurs, lues le 8 octobre 2026. Ce sont leurs déclarations, non auditées ; Kimi en a deux, l'une pour l'application, l'autre pour l'API.
- Les évaluations : la CAISI est une agence du gouvernement américain chargée d'évaluer l'IA de pays qu'il tient pour adverses ; ses méthodes sont publiées ; son cadre, lui, n'est pas neutre. PNAS Nexus est une revue à comité de lecture ; CrowdStrike, Cisco et Wiz sont des entreprises de sécurité.
- Les autorités et les textes : leurs pages officielles ; les lois chinoises dans la traduction anglaise de China Law Translate.
- Ce qui manque : aucune donnée sur l'usage réel des modèles chinois par les PME françaises ; sur la plateforme OpenRouter, dans le monde, leur part est passée d'environ 1 % fin 2024 à près de 30 % certaines semaines, 13 % en moyenne sur l'année. Les applications Doubao et Cici de ByteDance, et celles de Z.ai et de MiniMax, n'ont pas été lues.
Pièges de lecture
Le comportement suit le modèle : deux mesures
Demandes ouvertement malveillantes acceptées après un détournement courant (CAISI, 2025)
- DeepSeek R1-0528le plus sûr des modèles de DeepSeek testés94 %
- Modèles américains de référencequatre modèles, en moyenne8 %
Code gravement vulnérable écrit par le modèle open weight DeepSeek-R1 (CrowdStrike)
- Demande sans sujet sensiblele niveau de départ19 %
- Système industriel « installé au Tibet »le même travail, un sujet sensible pour le pouvoir chinois27,2 %
Vérification
1ComprendreLe même modèle DeepSeek, dans l'application de DeepSeek ou chez Scaleway à Paris : qu'est-ce qui change pour vos données ?
Dans l'application, elles sont stockées en Chine, sous droit chinois ; chez Scaleway, elles sont traitées à Paris et ne vont pas chez DeepSeek. Le comportement du modèle, lui, ne change pas.
2ComprendreQu'est-ce qui suit un modèle chinois partout, même installé sur vos serveurs ?
Son comportement, appris à l'entraînement : la censure sur les sujets politiques chinois, une moindre résistance aux détournements, du code plus souvent vulnérable sur des sujets sensibles, selon les évaluations publiées.
3AppliquerVous voulez classer des milliers de bons de commande par mois avec un modèle peu cher, sans que les données sortent d'Europe. Comment vous y prenez-vous ?
Un modèle open weight, chinois ou non, chez un hébergeur en France comme Scaleway ou OVHcloud, licence lue ; un essai sur vos propres bons, face à d'autres modèles ; jamais l'application de l'éditeur.
Lectures suivantes
Les modèles chinois
Choix des modèles · étape 8 sur 9
Les pages qui renvoient ici
Limites et sources
Les lieux de stockage sont ceux que déclarent les éditeurs ; aucun n'a été audité. Les catalogues des hébergeurs changent souvent : GLM 5.2 quitte Mistral le 31 octobre 2026, remplacé par GLM 5.3.
Les évaluations portent sur des versions datées ; celles de la CAISI viennent d'une agence américaine en concurrence déclarée avec la Chine.
Cette page n'est pas un avis juridique : pour un transfert de données, un contrat ou un marché public, voyez votre conseil et votre délégué à la protection des données.
- DeepSeek, politique de confidentialité ; Alibaba Cloud, régions de Model Studio ; Kimi, politique de confidentialité ; Z.ai, avenant de traitement ; MiniMax, politique de l'API ; BytePlus ModelArk.
- Garante ; autorité de Berlin ; NÚKIB ; loi chinoise sur le renseignement ; règlement européen sur l'IA ; code de bonnes pratiques.
- CAISI, DeepSeek ; CAISI, DeepSeek V4 Pro ; PNAS Nexus ; R1dacted ; CrowdStrike.
- Le relevé :
apprendre/recherches/2026-10-08-chine-europe.json; le tableau :apprendre/donnees/modeles-chinois.json.
Écrit par Meridal, avec l'aide de l'IA ; chaque fait vérifié à sa source et relu avant publication. Texte et schémas sous licence CC BY 4.0 : reprenez-les en citant Meridal. Le code sous licence MIT.
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