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ComprendreNiveau 1, Découvrir12 minutes

Énergie et empreinte de l'IA

Combien d'électricité, de carbone et d'eau consomme une demande à une IA, un modèle, un centre de données : les chiffres publiés, d'où ils viennent et pourquoi ils diffèrent. Ce qui fait vraiment monter la facture, raisonnement, longs documents, vidéo, et ce qu'une PME peut faire pour la réduire.

Écrit le 9 octobre 2026 · Vérifié le 9 octobre 2026

Vous saurez

  • Savoir ce que consomme une demande, et pourquoi les chiffres varient
  • Connaître ce qui fait monter la consommation
  • Choisir des usages et des modèles plus sobres
Sur cette page
  1. Rappel
  2. L'essentiel
  3. Problème
  4. Principe
  5. Fonctionnement
  6. Exemple détaillé
  7. Risques
  8. Mise en place
  9. Exercice
  10. Vérification
  11. Lectures suivantes
Rappel de la page précédente

Répondez de tête, puis ouvrez. Ce qu'est un modèle de langage

1Un assistant répond avec assurance. Qu'est-ce que cela dit de sa réponse ?

Rien sur sa justesse. Un modèle écrit la suite la plus probable d'un texte ; une réponse fausse peut être aussi bien écrite qu'une juste.

2D'où vient ce que sait un modèle quand vous lui posez une question ?

De ce qu'il a lu pendant son entraînement, arrêté à une date, et de ce qu'on met sous ses yeux dans la conversation.

L'essentiel
  1. Une demande texte simple consomme de l'ordre de 0,3 Wh : 0,24 Wh pour la demande médiane à Gemini, selon Google ; environ 0,3 Wh pour ChatGPT, selon Epoch AI.
  2. Le raisonnement, les longs documents et la vidéo changent tout : le même modèle consomme 150 à 700 fois plus quand il raisonne ; une vidéo de cinq secondes, environ 944 Wh.
  3. Les centres de données ont consommé 485 TWh en 2025, et l'AIE en prévoit 950 en 2030, environ 3 % de l'électricité mondiale ; ceux qui servent l'IA ont augmenté de 50 % en 2025.
  4. Le lieu compte : un kilowattheure émet environ 41 g de CO₂ en France, 384 g aux États-Unis, d'après Ember ; deux tiers des usages numériques français tournent dans des centres à l'étranger.
  5. Pour une PME, le premier levier est l'usage : un modèle de la bonne taille, pas de raisonnement quand il ne sert pas, des réponses courtes.
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Problème

Les chiffres qui circulent se contredisent. Le plus cité, 3 Wh par demande à ChatGPT, vient d'une estimation de 2023 sur du matériel ancien, qu'Epoch AI juge trop haute ; dans un échantillon de cent articles, 53 % le reprenaient, et 75 % donnaient un chiffre sans source ni marge d'erreur. À l'inverse, les éditeurs publient peu : en mai 2025, 84 % des tokens consommés passaient par des modèles sans aucune information environnementale.

Un dirigeant ne sait donc pas si son équipe consomme peu ou beaucoup, ni ce qu'il peut y faire.

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Principe

Une demande, c'est du calcul sur des cartes graphiques, dans un centre de données qui les alimente et les refroidit. Trois choses en décident : la taille du modèle, puisque Mistral trouve un impact à peu près proportionnel à sa taille ; le nombre de tokens lus et écrits ; et l'efficacité du centre. Le carbone dépend ensuite de l'électricité du lieu, l'eau du refroidissement.

D'où des écarts : Google donne 0,24 Wh pour sa demande médiane en comptant tout le centre, 0,10 Wh en ne comptant que les cartes de calcul. Les deux sont justes ; ils ne mesurent pas la même chose.

L'électricité d'une demande, selon ce qu'on demande

0,010,11101001000 Un modèle moyen, sans raisonnement0,05 WhUne demande texte médiane à Gemini0,24 WhUne demande type à ChatGPT0,3 WhUne image de 1 024 pixels0,63 WhUne réponse de GPT-5, raisonnement minimal2,3 WhLe même modèle moyen, en raisonnant7,6 WhUne réponse de GPT-5, raisonnement poussé17 WhUn document de 100 000 tokens en entrée40 WhUn agent qui raisonne50 WhUne vidéo de cinq secondes944 Wh wattheures par demande, échelle qui multiplie par dix
Des mesures et des estimations de sources différentes, aux méthodes différentes : Google compte tout le centre de données, l'AIE les seules cartes de calcul ; les écarts d'une ligne à l'autre comptent plus que chaque valeur. Sources : Google, Epoch AI, AIE, Jegham et al., Luccioni et al. pour MIT Technology Review, lues le 9 octobre 2026.
Voir en tableau
Valeurs du graphique : Principe
DemandeÉnergieSource
Un modèle moyen, sans raisonnement0,05 WhAIE, cartes de calcul seules
Une demande texte médiane à Gemini0,24 WhGoogle, tout compris
Une demande type à ChatGPT0,3 Whestimation d'Epoch AI
Une image de 1 024 pixels0,63 Whmesure, Stable Diffusion 3
Une réponse de GPT-5, raisonnement minimal2,3 Whestimation de Jegham et al.
Le même modèle moyen, en raisonnant7,6 WhAIE, cartes de calcul seules
Une réponse de GPT-5, raisonnement poussé17 Whestimation de Jegham et al.
Un document de 100 000 tokens en entrée40 Whestimation d'Epoch AI
Un agent qui raisonne50 WhAIE, ordre de grandeur
Une vidéo de cinq secondes944 Whmesure, CogVideoX

Les sources du graphique : Google ; Epoch AI ; l'AIE ; Jegham et al. ; Luccioni et al. pour MIT Technology Review.

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Fonctionnement

Le raisonnement multiplie les tokens. Un modèle qui raisonne écrit d'abord un long brouillon : 300 à 800 fois plus de tokens en sortie, et, pour le même modèle, 150 à 700 fois plus d'énergie, d'après les mesures de Hugging Face.

Un long document se paie à l'entrée. 10 000 tokens lus portent une demande à environ 2,5 Wh, 100 000 à près de 40 Wh, selon Epoch AI ; la lecture se paie une fois par conversation.

Les images et la vidéo changent d'ordre de grandeur. Une image de 1 024 pixels demande environ 2 300 joules, une vidéo de cinq secondes 3,4 millions, plus de 700 fois plus.

Le même modèle, ailleurs, consomme autrement. DeepSeek R1 sur les serveurs de son éditeur : environ 29 Wh pour une longue demande ; sur Azure, 7,4 Wh, d'après Jegham et al.

Le lieu fait le carbone. Le même kilowattheure émet environ neuf fois plus aux États-Unis qu'en France.

Le carbone d'un kilowattheure, selon le pays, en 2025

  1. Norvège28
  2. Suède35
  3. France41
  4. Union européenne210
  5. Irlande257
  6. Allemagne330
  7. États-Unis384
  8. Monde458
  9. Chine525
Grammes d'équivalent CO₂ par kilowattheure produit, sur le cycle de vie des centrales, selon Ember. RTE donne pour la France 19,6 g en émissions directes et 29 g sur le cycle de vie : les facteurs de calcul diffèrent.
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Exemple détaillé

Une équipe de dix personnes, sur un an. Calcul de Meridal, en ordre de grandeur, sur une hypothèse fabriquée : trente demandes par personne et par jour, 220 jours, soit 66 000 demandes ; les wattheures du graphique ; le carbone d'Ember pour la France et les États-Unis.

Exemple détaillé
HypothèseÉlectricité par anCarbone, centre en FranceCarbone, centre aux États-Unis
Demandes texte simples, 0,3 Wh19,8 kWh0,8 kg7,6 kg
Un modèle moyen qui raisonne, 7,6 Wh502 kWh21 kg193 kg
Une vidéo de cinq secondes par jour, en plus, 944 Wh208 kWh8,6 kg80 kg

Ce qu'on lit : la même équipe, avec les mêmes demandes, consomme vingt-cinq fois plus si elle raisonne par défaut, et émet environ neuf fois plus si le calcul se fait aux États-Unis. Le choix de l'usage et du lieu pèse plus que le nombre de demandes.

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Risques

Risques
Le signalCe qu'il annonceCe qu'on fait
Un chiffre sans méthodeLe 0,34 Wh d'OpenAI n'a ni méthode, ni modèle, ni dateDemander le périmètre : les cartes seules, ou tout le centre
Le raisonnement activé pour tout150 à 700 fois l'énergie d'une réponse directeLe réserver aux problèmes à étapes
La vidéo générée en routineDes centaines de wattheures par clipGarder la vidéo pour ce qui la justifie
« Les modèles deviennent plus sobres »Vrai par tâche, l'AIE parle d'un facteur dix par an ; mais 8 modèles ouverts récents sur 14 consomment autant ou plus que leurs prédécesseursComparer les modèles, pas les générations
Un fournisseur muetOn ne peut ni mesurer ni comparerDemander la consommation dans le contrat, comme Hugging Face le propose aux acheteurs
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Mise en place

  1. Choisir la taille du modèle par tâche : sur beaucoup de tâches courantes, un modèle classé A ou B par Compar:IA répond aussi bien qu'un modèle classé E, pour une fraction de l'énergie.
  2. Couper le raisonnement quand la tâche n'a pas d'étapes : un résumé, une reformulation, une traduction.
  3. Demander court : des demandes précises, des réponses courtes et groupées, comme le recommande Mistral.
  4. Ne pas relire un long document à chaque question : un projet ou une base de fiches plutôt que tout le dossier collé à chaque fois (une base de fiches).
  5. Préférer un calcul en France ou dans un pays à électricité peu carbonée, ce que l'ADEME recommande aussi (les modèles sur un cloud européen).
  6. S'appuyer sur un cadre : le référentiel de l'AFNOR pour une IA frugale propose 31 fiches de bonnes pratiques.
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Exercice

Où sont ses trois plus gros postes de consommation, et que lui conseillez-vous ?

La situation · fabriquée pour l'exercice

Une agence de communication de quinze personnes a pris l'abonnement le plus complet de son assistant, raisonnement activé par défaut. Elle génère chaque jour une vingtaine de courtes vidéos pour ses clients, et colle le dossier de chaque client, soixante pages, au début de chaque conversation.

Ouvrir la correction

La vidéoPlus de mille fois une demande texte par clip : la garder pour les livrables, pas pour les essais.

Le raisonnement par défaut150 à 700 fois l'énergie d'une réponse directe pour le même modèle : le couper pour la rédaction et la reformulation.

Le dossier recolléSoixante pages relues à chaque conversation : les ranger dans un projet ou une fiche par client, et ne joindre que ce qui sert.

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Vérification

1ComprendrePourquoi deux chiffres publiés pour une même demande peuvent-ils différer du simple au double, voire plus ?

Parce qu'ils ne comptent pas la même chose : les seules cartes de calcul ou tout le centre de données, une demande courte ou longue, un modèle qui raisonne ou non. Google donne 0,10 Wh ou 0,24 Wh pour la même demande selon le périmètre.

2ComprendreQu'est-ce qui fait le plus monter la consommation d'un usage ?

Le raisonnement, les longs documents en entrée, et la génération d'images ou de vidéos ; le lieu du calcul fait ensuite le carbone.

3AppliquerVotre équipe veut réduire l'empreinte de son usage de l'IA sans s'en priver. Par quoi commencez-vous ?

Couper le raisonnement là où il ne sert pas, choisir un modèle plus petit pour les tâches courantes, ne plus recoller de longs documents, et préférer un calcul en France ou en Europe à faible carbone.

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Limites et sources

Les chiffres viennent de méthodes différentes : mesures, estimations, déclarations d'éditeurs sans méthode ; aucun éditeur fermé ne publie la consommation de ses modèles de raisonnement, ni de ses vidéos.

Anthropic ne publie aucun chiffre par demande ; OpenAI, un seul, sans méthode.

L'exemple de l'équipe de dix personnes est un calcul de Meridal sur une hypothèse fabriquée.

  1. Google, l'impact d'une demande ; Epoch AI ; AIE, Key Questions on Energy and AI, 2026 ; Hugging Face, AI Energy Score ; Mistral, analyse de cycle de vie ; ADEME, avis sur l'IA générative.
  2. Le relevé : apprendre/recherches/2026-10-09-energie.json, 133 faits.

Écrit par Meridal, avec l'aide de l'IA ; chaque fait vérifié à sa source et relu avant publication. Texte et schémas sous licence CC BY 4.0 : reprenez-les en citant Meridal. Le code sous licence MIT.

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